04/08/2008Voutch...
''_ J'ai donc commencé un énorme travail sur moi-même et aujourd'hui, presque 15 ans après, je peux enfin dire que les résultats sont là: je ne me déteste plus; je me méprise.''
31/07/2008Solitaire la planète
Qui ne s'est jamais rendu aux toilettes de son collège, n'a pas eu le bonheur de lire cette profonde devise:"Plus j'ai tudie, plus j'apprend; plus j'apprend, plus je sai; plus je sai, plus j'oubli; plus j'oubli, moins jean sai...alors pourquoi ai tudier?". Ou bien z'êtiez à l'Ecole Alsacienne, au collège Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus-et-de-la-Sainte-Face ou tout autre établissement privé dont les toilettes bénéficient d'un entretien irréprochable. Les plus érudits tentent même de nommer l'auteur de pareil proverbe: tantôt Harry Stote, parfois Socrate. Mais on trouve aussi (classés par nombre de citations décroissantes) Montaigne, Jacqueline de Romilly et Marguerite Duras.
C'est en préparant mes vacances que ce merveilleux adage m'est revenu à la face comme d'autres retrouvent leurs souvenirs d'enfance en dévorant des douceurs pleines de beurre. Mes comparses ont eu la bonne idée de programmer une semaine à Kyôto au moment de la fête de Daimon-ji Yaki. Jusque là tout va bien. Sauf peut-être que, submergée par un tsunami de japonais avides de 3 jours de vacances, la quiétude de Kyôto va en prendre un coup dans l'aile. Et puis ils ajoutent: on te charge de réserver l'hôtel. Et là, blonde que je suis, j'acquiesce. J'investis donc dans quelques guides touristiques dont un est la traduction du fameux guide américain Solitaire la Planète . Je m'empresse donc d'envoyer mails et autres faxes dans chacun des ryokan abordables. Et toujours la même réponse "unfortunately we are fully booked" accompagnée d'une autre petite phrase suivant l'optimisme du tenancier: tantôt "we hope to see you another time in our hostel", tantôt "you know, Osâka is only 28 minutes by train". Au vingt-cinquième échec, mon petit cerveau, pourtant gravement endommagé suite à l'interrogation récente d'une centaine de candidats, s'est mis à fonctionner: si on a tous les mêmes guides et qu'on appelle tous les mêmes hôtels, ils ont tous pleins. A quoi ça sert un guide?
En tout cas, pas à trouver un logement en haute saison.
C'est sur cette passionnante réflexion que je vous souhaite de bonnes vacances.
15/06/2008Vieillir, dit-il.
J’ai encore à l’esprit le visage ravagé d’Hugues (un cataclysme géologique s’est produit sous ses yeux où l’on ne voit plus qu’une succession de sommets noirs et d’abîmes gris ; je préfère éviter la douloureuse description de son crâne sur lequel Saint Jean-Baptiste pourrait prêcher) et le ventre bien rond de Philippe qui gonfle son pull en cachemire. Revoir ses copains de Taupe dix ans après, ça peut être charmant. Ca peut être éprouvant aussi. Je suggère à ma mère de me consoler en m’accompagnant dans la recherche d’une cuisine. Je lui raconte ce que j’ai vu ; surtout, ce que j’ai ressenti. On papote devant des cuisines Vogica ®, elle dit: «toi qui passes un mois par an à la montagne, l’érosion ça devrait te parler pourtant. Nan? C’est vraiment du toc les cuisines Vogica ® ». T’es trop diplomate môman. Le vendeur s’approche « je peux vous fournir quelques renseignements, Madame ? ». La Reine-Mère me désigne du doigt : « adressez-vous au jeuuuuuune homme » (c’est qu’on maîtrise l’ironie dans la famille). J’dis nan. « Môôôôôssieur, vous prendrez bien un catalogue ? ». Nan. On s’apprête à sortir du magasin : le blondinet pré-pubère nous rattrape « Vous ne souhaitez pas de renseignements, vous ne souhaitez pas de catalogue, mais je vous propose de jouer à notre grand jeu qui vous permettra de gagner jusqu’à 10000 euros et gna gna gna ». Nan. « Mais c’est gratuit ! ». « Je ne joue jamais monsieur. On m’a appris à travailler pour obtenir ce que je souhaitais. C’est une question d’éducation ». Ma mère s’approche du vendeur et lui donne un petit coup de sac à main sur le bras « Exactement monsieur, exactement ! J’ai donné à mes enfants une éducation très stricte ! ». On sort du magasin et on explose de rire. Entre deux gloussements, elle dit : « T’es vraiment complètement taré ». J’ai retrouvé le sourire. Grâce aux cuisines Vogica ®.
07/06/2008Laissez-moi sortir (de moi)
Parfois j'ai comme l'impression que mon état psychique est reflété par la situation de l'homme à la chemise blanche. Vivement la quarante et unième heure. 26/05/2008Un mot du maître
"Vous trouvez que l'Education est trop chère? Choisissez alors l'ignorance."
W. Churchill 25/05/2008Communiquer, dit-il...C'est dans ces "coups de temps là" que j'aime à nouveau la chimie.
15/05/2008Souvenir d'Orient
Photo surexposée.
Du coeur de la mosquée rayonne la lumière.
Or et rouge mais plus de vert-de-gris.
Photo surexposée.
08/05/2008La réflexion nécessaire de M. Cyclopède
Parfois, s'intéresser aux choses de trop près est décevant. Parfois. 05/05/2008benoît, oîte (adj): 1. Vx. Béni 2. Iron. Dévot 3. Péj. Niais
Le téléviseur vocifère qu’une bergère, répondant au doux nom de Benoîte, voyait en ce pays jadis apparaître la mère d’un Dieu. On apprend que Notre-Dame du Laus deviendra un autre lieu de pèlerinage. Affalé devant son écran, il s’esclaffe d’un rire qui sature l’atmosphère. Et puis il avale quelques granules homéopathiques 5 CH mercurius solubilis et 5 CH allium cena parce qu’il n’y a pas que son cerveau qui soit encombré : le nez, les bronches, la gorge et d’autres organes encore. Lui, ce n'est pas un Dieu qui le soignera mais du sucre.
Je souris.
On lutte contre le dogme. On croit obstinément échapper à la crédulité, aux rites. Mais on est toujours le béotien d’autrui.
02/05/2008La Cène
Les premiers seins: les doux apôtres.
30/04/2008Poor Dalaï Lama!
Je n’avais jamais douté, jusqu’à présent, que seuls les Nippons avaient l’art de faire entrer en collision le ridicule et le mauvais goût. C’était sans compter sur l’infini talent de quelques proches de notre Lumineux Leader dont l’épais troubadour Didier Barbelivien.
Appréciez la poésie du barde. Songez aux Tibétains.
29/04/2008Avant et après
Deux photos glanées ça et là, prises à quatre mois d'intervalle.
Avant et après.
Entre les deux: un Soleil sur la Terre, des débris étincelants, des corps brûlés aux chairs à vif, des cendres claires.
Avant et après.
26/04/2008Hier soir, l'inavouable
C’est un mot envoûtant: 'inavouable'. Ce que je ne peux pas avouer ou ce que je ne veux pas reconnaître: il désigne les deux simultanément. Le vice inavouable, c’est le vice dont on ne pourra jamais parler. Soit parce que l’interdit retient la parole, soit parce que l’interdit inhibe le conscient et dissout la parole.
C’est l’été, c’est la Normandie, je suis adolescent. Ma grand-mère a abandonné ses patients pour à peine deux semaines. Un matin, au petit déjeuner elle raconte l’enchevêtrement des corps, ce sexe dressé, immense qu’elle a observé – qui rentre et qui sort-, deux mille ans d’interdit qui se sont effondrés sous ses yeux. Bah oui, Bonne Mère, le premier samedi du mois, à minuit c’est le porno de Canal. Non, elle dit non. Elle dit que la pornographie c’est autre chose. C’est la sexualité des autres mais pas la représentation de la sexualité des autres. C’est la combinaison méthodique des pièges que dresse une de ses patientes érotomane pour saisir ses proies. C’est la description du visage de Saint Sébastien, plein de sperme : le névrosé raconte comment chaque jour, sur l’encyclopédie grande ouverte, il décharge des filets nacrés le long des jambes du saint martyr. Elle dit qu’hier soir elle a assisté comme à un récit clinique de l’amour. Que ce n’était pas si clair dans sa tête. Qu’il fallait qu’elle en parle : qu’il était impossible que cela devînt inavouable.
Hier soir, je me déshabille. Nu comme un ver dans mon lit, je le caresse et puis j’hésite. Il y a des fantasmes qu’on ne doit pas réaliser. J’en ai cruellement envie. J’ai beaucoup travaillé; je me dis: « je le mérite ». J’hésite, j’hésite encore. Encore et encore. Je songe aux 'Amours interdites' de Mishima. Mais ce soir j'ai besoin d'autre chose. De moins consistant, de plus aguichant. J'ai honte mais je sors le livre de sa cachette et je commence mon oeuvre.
Hier soir j’ai lu du Amélie Nothomb. Il fallait que j’en parle, il était impossible que cela devînt inavouable.
25/04/2008L'histoire de Jésus et Judas raconté par des chaussettesA mettre entre toutes les mains... euh enfin, peut être visionné par toutes les âmes mêmes sensibles.
J'adooooooooore.
23/04/2008Deubeule gaffe
Du bon usage de la grammaire: une malheureuse information fausse n'est pas une information malheureusement fausse.
Heureusement. 22/04/2008Double apparition
"Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Eternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil." 21/04/2008En passant
monteurs, menteurs, pondeurs, sondeurs, l’on meure ?
Non, je ne me moque pas (d’ailleurs je n’ai rien contre les menteurs, ni les monteurs). Et j’avoue enfin aujourd’hui avoir disserté sur les supermatozoïdes en biologie en classe de quatrième.
Voila, c’est dit.
Ca fait du bien.
20/04/2008Mind the punchline
C’est le roi de la soirée.
Un corps tout blanc, pas très musclé. Cheveux aux vents, joli T-shirt négligé. Un short moulant ! waou : en cette saison c’est décalé.
On s’presse autour de lui, on attire son regard, on décline les clins d’oeil. J’lui prends la main : allez viens, j’vais t’faire guincher comme jamais, allez viens. Il ose pas dire nan, il s’laisse accompagner. J’esquive quelques regards assassins : désolé les gens, j’ai dégainé le premier.
Mon corps se ploie autour du sien ; point de menuet mais un pov’ rock des années 80. J’pousse un peu trop et il s’effondre. Je passe mes mains autour de lui et l’accompagne à la cuisine. Il avale un verre d’eau, deux cuillères de mousse au chocolat. Il embrasse ma joue: elle devient sucrée. Une femme nous contemple, le regard attendri.
T’as quel âge, tu t’appelles comment ? J’m’appelle Corentin et j’ai cinq ans et elle c’est ma maman.
16/04/2008
Peinture sur soi.
Peinture sur soie. 15/04/2008Tea party
- Non cher Spidy, je ne m’arrêterai pas ces futiles détails. Il ne s’agit pas de savoir si je suis un poney et, vous, un super-héros.
- Qu’y a-t-il alors très chère ? Est-ce que techniquement j’embrasse moins bien que vos congénères ?
- Non pas ! Mais, comprenez-vous, vous possédez plus de soixante articulations modulables tandis que mon unique est hors d’usage.
- Me voila rassuré. Je croyais que vous redoutiez que votre langue fût collée après m’avoir embrassé.
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